Philippe Bronchain

Philippe Bronchain

Parlez-nous de votre job

Depuis le mois de septembre 2019, je suis à Islamabad où j’ai été nommé comme ambassadeur auprès du Pakistan et de l’Afghanistan. J’y représente notre pays et y défends nos intérêts. Je suis l’évolution de ces deux pays tant au plan politique que sécuritaire, économique ou encore sociétal. J’ai aussi beaucoup d’intérêt pour les questions et dossiers consulaires qui sont souvent très complexes mais également très intéressants. Les dimensions européennes et multilatérales sont importantes.

Comme ambassadeur, je suis enfin responsable de la gestion et du bon fonctionnement de l’ambassade qui est véritablement une PME.

Que trouvez-vous intéressant dans votre métier ?

C’est un métier qui est multi-facettes et il n’y en a pas une seule dont je pourrais dire qu’elle est inintéressante ! Les défis sont permanents et le métier est très varié, ce que j’apprécie énormément. J’en apprécie aussi la part d’imprévu, le fait que la curiosité n’est pas un vilain défaut mais une qualité, le fait qu’il donne accès à l’endroit comme à l’envers du décor ou encore la fierté de représenter mon pays. Et si ce mode de vie plutôt nomade est parfois compliqué à gérer pour la famille, je constate que mon épouse et nos quatre filles ont aussi retiré de chaque séjour à l’étranger beaucoup de positif pour elles-mêmes, ce qui est aussi une satisfaction.

Décrivez brièvement une journée ordinaire de travail

Le début et la fin de chaque journée sont quasiment toujours les mêmes. Grâce à mon pushmail, je lis les derniers mails rentrés. Entre les deux, la journée est faite de réunions à l’ambassade dont je suis responsable du bon fonctionnement et de la manière dont elle remplit ses missions. J’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur une équipe de grande qualité. J’ai également des rendez-vous extérieurs, je fais des visites, je reçois à la résidence pour des déjeuners de travail autant que pour des réceptions. Je lis et j’écris beaucoup. Il n’y a pas une seule journée sans imprévus.

Travailler pour votre employeur actuel … Est-ce un avantage, selon vous ?

Au niveau du contenu, la diplomatie est un métier extraordinaire au sens premier du terme mais c’est aussi un choix de vie qui peut aussi avoir des contraintes. On pense évidemment aux postes qui se trouvent dans des pays instables ou frappés par le terrorisme mais il y en a aussi bien d’autres auxquels on ne songent pas immédiatement comme ceux qui imposent des horaires de travail intenses avec des réunions tard la nuit ou imprévisibles. Mais il y a une telle variété de postes qu’il y en a pour tous les goûts et il est possible d’alterner le type de poste ou encore les régions.

Au niveau des conditions de vie et de travail en poste, il y a une réelle attention de nos autorités et des directions d’appui et d’encadrement pour les améliorer et répondre aux réalités nouvelles même si ce n’est pas forcément simple. Au cours de ma carrière, j’ai plutôt enchainé par intérêt des postes dans des pays considérés comme difficiles et j’ai pu y constater des initiatives du SPF visant à améliorer le cadre de travail et celui des familles. Pour ceux qui le souhaitent, notre diplomatie permet des détachements temporaires.

Quel a été votre parcours avant de rejoindre votre employeur actuel ?

Je me suis intéressé à la diplomatie un peu par hasard. Rien ne me dirigeait a priori vers un tel métier qui est, malgré l’image qui en est parfois véhiculée à tort et moyennant évidemment la réussite du concours et du stage, accessible à toutes et tous.

Avant de commencer au SPF Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement, j’ai travaillé un an au Royaume-Uni comme assistant en langue étrangère avant de faire mon service militaire comme officier de réserve, puis dans le secteur bancaire semi-public, ensuite à la Fondation Roi Baudouin et enfin dans une agence décentralisée de l’Union européenne basée au sud de Dublin.

J’ai passé l’examen à 35 ans. A l’époque il existait une limite d’âge qui a depuis été fortement relevée. Il est maintenant possible pour des personnes disposant d’une grande expérience de tenter le concours.

Quelle a été la procédure de sélection ?

Je me suis inscrit au concours diplomatique et j’ai ensuite passé les épreuves les unes après les autres, chacune étant éliminatoire. Pour des raisons personnelles, je ne suis cependant pas rentré immédiatement dans la carrière même si j’étais en ordre utile et que j’en avais vraiment très envie. Avec l’appui de ma famille, j’ai finalement intégré le corps diplomatique et je ne l’ai jamais regretté.

Vous souvenez-vous de votre premier jour de travail ?

C’était au tout début du mois de janvier. Nous étions en-dehors des principaux bâtiments du SPF. Quelques jours auparavant, j’avais définitivement quitté l’Irlande où je travaillais, où la famille était installée et que nous aimions beaucoup.