Miet

Miet

Chef de cellule CITES


En quoi consiste votre fonction et celle de vos collègues ?

Je suis biologiste de formation, et je travaille à la cellule CITES depuis 2005. CITES est l'abréviation de « Convention on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora », une convention internationale qui réglemente le commerce international des espèces animales et végétales menacées.

Depuis 2012, je suis chef d’une cellule de 8 collaborateurs. Nous nous chargeons de délivrer des permis et certificats nécessaires pour l'importation et l'exportation d'espèces animales et végétales menacées et de leurs produits dérivés. Songez par exemple au commerce de perroquets, au serpent que l'on veut avoir comme animal domestique, aux sacs à main en peau de crocodile, au bois dur tropical, à l'ivoire, au caviar d'esturgeon, etc. En collaboration avec les cabinets, nous définissons également la politique à suivre dans le cadre de négociations internationales. Notre comité scientifique rend des avis sur la durabilité du commerce, et nous répondons à des questions parlementaires. Si nécessaire, nos inspecteurs procèdent à des contrôles du respect de la législation sur place. Concernant ce dernier point, nous collaborons étroitement avec les douanes, la police et l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

Nous délivrons quelque 4000 licences par an pour le commerce belge avec les pays extérieurs à l'Union européenne, et 5000 certificats pour le commerce au sein de l'Union européenne.

Le commerce au sein de l'Union européenne concerne essentiellement des espèces animales nées en captivité. La CITES veut diminuer la pression sur les populations à l'état sauvage, en encourageant l'élevage en captivité. Nous contrôlons si l'élevage en Belgique se fait vraiment en captivité, et s'il n'y a pas eu d'animaux capturés illégalement à l'état sauvage. Nous délivrons les documents nécessaires aux clients qui en ont fait la demande.

En ce qui concerne le commerce international avec des pays hors Union européenne, il s'agit principalement d'espèces issues du monde sauvage et qui sont commercialisées. Cela est autorisé sous certaines conditions, et moyennant certains quotas.

En tant que chef, je dois approuver tous les permis et les certificats et je dois parfois trancher dans des dossiers complexes. Autrefois, l’approbation se faisait entièrement sur papier ; aujourd’hui, j’utilise la signature électronique pour donner mon approbation. J’aide également à définir la direction à suivre au niveau de la législation CITES en Belgique.

Qui sont vos clients ?

Quiconque souhaite importer un animal, une plante ou un produit dérivé en Belgique. Il peut s’agir de magasins (qui vendent des animaux, des sacs à main, du bois…), mais aussi des particuliers ou des entreprises. Cette diversité de clients rend mon travail très passionnant.

Quels sont les autres éléments qui vous motivent dans votre travail ?

Je trouve mon travail toujours très enrichissant en raison du très grand nombre d’espèces animales et végétales concernées. Je suis biologiste, mais je n’ai jamais eu l’ambition de me concentrer sur un seul animal ou une seule plante. Le fait de connaître un peu de tout, mais sans avoir une connaissance approfondie d’un domaine en particulier, s’avère utile dans mon travail. Pouvoir travailler aux niveaux européen et international est également quelque chose de captivant. C’est un défi.

La convention CITES a été instaurée en Belgique en 1984, mais il reste encore de nombreux aspects à améliorer, comme p. ex. la collaboration avec d’autres pays, l’orientation client. Avoir le sentiment que j’ai encore beaucoup à apprendre et à améliorer, est précisément ce qui me motive.

Le fait d’être chef de cellule confère aussi une nouvelle facette au contenu de mon travail. Je me vois encore travailler ici pendant de nombreuses années car je veux encore accomplir bon nombre de choses.

Quelles valeurs que vous jugez personnellement importantes dans votre vie, retrouvez-vous dans votre SPF ?

Lorsque je suis devenue chef de cellule, j’ai délibérément choisi de me joindre à mes collaborateurs sur le plateau (autre mot qui désigne le bureau paysager ouvert). Cela me permet d’entretenir un bon contact avec eux et d’intervenir rapidement en cas de problèmes ou de conflits. Le sentiment de former une équipe est quelque chose que j’estime très important pour un service qui fonctionne bien.

Je pense aussi qu’il y a au sein de notre SPF une culture de communication ouverte. J’ai moi-même un très bon contact avec mon chef et notre directeur général. Quand je peux avancer de bons arguments pour expliquer pourquoi j’appréhenderais une décision autrement, le bon sens l’emporte et on m’écoute. C’est très chouette de pouvoir collaborer de manière si ouverte et transparente avec son chef.

Pour tous ceux et celles qui travaillent à la direction générale Environnement, la question de l’environnement est importante. Le fait que le SPF fasse des efforts pour p. ex. diminuer la consommation de papier, est pour moi une excellente initiative. La durabilité est une valeur importante, y compris dans ma vie personnelle. Oui, j’ai la réputation d’être une écolo :-)

Qu’aimeriez-vous encore dire à un(e) futur(e) collègue ?

L’administration fait un travail passionnant et utile. J’aime surtout travailler ici parce que j’aime ce que je fais. Pour moi, peu importe si je travaille pour une ONG ou pour les pouvoirs publics : le contenu de mon travail fait que j’aime travailler ici. De plus, travailler pour notre SPF a aussi pas mal d’avantages : on est situé près de la gare, l’abonnement de train est gratuit, on peut partir en mission à l’étranger et on a un bon salaire.

Si vous cherchez un travail où vous pouvez commencer à 9 heures et finir à 17 heures, ce n’est certainement pas ici que vous devez venir travailler. Je peux vraiment me fâcher quand on fait allusion dans la presse au cliché du fonctionnaire paresseux et non motivé. Je ne suis absolument pas d’accord : mes collaborateurs sont extrêmement motivés et travaillent d’arrache-pied.